L’immigration, par une militante PS de Ségolène
Royal
La politique d’immigration
me laisse un profond malaise. Je n’aime pas ce non-respect des liens familiaux, cette stigmatisation, cette discrimination, ni ces camps d’internement.
Extrait d’un article du
Monde : http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-823448,55-1041167@51-1041152@45-2,0.html :
« Quel impact, en un an, de cette politique
d'immigration et d'intégration ?
Patrick Weil (1) : Elle a créé un sentiment d'anxiété chez beaucoup d'immigrés, chez
les employeurs, chez beaucoup de Français qui vivent avec des étrangers et sont parfois mariés avec eux. Elle a aussi créé une image négative de la France à l'étranger. Ce qui peut ne pas
déplaire au gouvernement s'il veut dissuader les migrants de venir en France. Mais cela a l'inconvénient de dissuader aussi les migrants que le gouvernement déclare vouloir faire venir, par
exemple les migrants qualifiés »
(1) Chercheur au CNRS, spécialiste de ces questions
Extrait d’un article de Libération à propos du
rapport de la commission Mazeaud sur la politique d’immigration du gouvernement : http://www.liberation.fr/actualite/societe/337340.FR.php
« Concernant l’immigration familiale, principale porte d’entrée en France, «les pouvoirs publics nationaux ne disposent pas d’un pouvoir discrétionnaire pour déterminer les flux», expliquent les sages. La
Constitution et les traités internationaux garantissant le droit de vivre en famille, le pouvoir ne peut pas s’arroger le droit de fixer le nombre d’étrangers autorisés à entrer en France, chaque
année, à la suite d’un regroupement familial ou d’un mariage mixte. Par ailleurs, s’agissant de l’immigration de travail, «des quotas [par branche ou par métier, ndlr] sont
envisageables au niveau national ou européen, mais ne sont pas indispensables à la maîtrise du flux».
Lorsque Ségolène
Royal (contribution pour le Congrès) dit que notre économie doit beaucoup aux immigrés, qu’avec nous ils contribuent à produire notre richesse nationale, elle a raison.
Caresser dans le sens du poil le discours d’exclusion de l’extrême droite n’est pas plus acceptable que ne l’était l’antisémitisme. Les raisons électorales ne
sauraient l’excuser.
L’immigration
choisie de Sarkozy trahit un souci :
celui de l’utilité à nous tous, de l’utilité à la France. Je peux comprendre ce souci. Il est légitime. La vie est trop difficile pour qu’une partie d’entre nous vive en parasite au détriment de
ceux qui travaillent. Mais pour cela, il faudrait déjà commencer par ne pas diaboliser ainsi, ne pas stigmatiser ainsi à priori ceux qui viennent d’ailleurs et nous sont le plus souvent inconnus.
Il faudrait au contraire parvenir à créer les conditions d’une dynamique constructive, participative à notre communauté. Il faut leur accorder la dignité
de l’appartenance et leur faire prendre conscience de la responsabilité universelle envers la communauté qui les accueille
A partir de simplement un exclu à
qui l'on a dit : " viens m'aider. Faisons " et non pas : " Ne fais pas ci, ne fais pas ça " tout devient possible. Il faut ensuite l'entourer, l'épauler pour qu'il puisse donner de lui-même un
coup de pied au fond de la rivière et remonter à la surface. (Abbé Pierre)
La force d'une
communauté ne sera jamais que la jonction de la bonne volonté de chaque être et de chaque intelligence. L'immigration est une force pour l'avenir d'un pays. Les statistiques de l'OCDE sont claires, c'est un facteur de croissance économique. En plus les emplois
précaires des immigrés (souvent ouvriers ou nettoyeuses) sont très exposés au chômage et peu rémunérés. Mais le chômage se réduit pour les nationaux. Dès la 2e génération, ils sont rentables
non seulement pour l'économie, mais aussi pour l'Etat, leur produit pour la collectivité dépassant les coûts sociaux. (Source: 101 idées reçues sur l'économie, F. Dedieu & E. Lechypre, éditions du groupe Express, 2007) Les USA sont devenus la 1ere puissance mondiale grâce à l'immigration.
Plus on parviendra à
mettre d'êtres fondamentalement en harmonie avec leur communauté, et plus celle-ci disposera d'intelligences pour se développer et faire face aux difficultés. La Silicon Valley (Californie,
USA), berceau de l'électronique et de l'informatique, s'est faite grâce à la mise en commun du génie d'immigrés venant de tous les horizons.
C’est l’absence de ce côté positif, incitatif, qui je constate à droite. L’extrême droite et l’UMP sont totalement dans une logique de contrainte
législative et policière. Ils ne voient pas qu’ainsi ils altèrent d’emblée ce lien constructif qui pourrait se créer. La raison en est qu’il y a une incompatibilité entre la crainte et la
confiance. L’incompatibilité entre la crainte d’un dispositif législatif- répressif dirigé contre les migrants et l’établissement indispensable d’une confiance à l’intégration positive,
constructive, à notre communauté.
Sans doute, qu’un cadre légal est nécessaire, Ségolène Royal l’admet aussi, mais sa contrainte ne doit être que le pis-aller, celui de notre incompétence, celui de notre échec
de toutes les mesures incitatives à une intégration dynamique de l’immigration à notre communauté.
A force d’une politique faite des seules lois et
procédures répressives, on se trouve avec une multitude d’arrestations, des prisons qui débordent et même des camps d’internement.
Le pouvoir et Nicolas Sarkozy ne devraient jamais
perdre des yeux ceci : durant les années trente, à force d’arrestations et de prisons pleines d’une idéologie fondée sur l’intolérance, la diabolisation, la stigmatisation et l’exclusion, on
avait créé des camps d’internement. Une fois que l’Allemagne en avait été couverte et que cela devenait un problème de grande ampleur, on avait pris des mesures pour diminuer le nombre de
prisonnier, mais sans assouplir les lois. On a créé les camps de concentration, des mouroirs aux conditions indescriptibles d’inhumanité. Et comme l’afflux énorme d’arrestations posait encore des
problèmes insolubles, on avait fini par adopter la solution finale : les camps d’extermination.
Plus jamais ça.
(Article de mon blog)